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Les intérêts pédagogiques de l'Affaire Desdémone

Le jeu peut être utilisé par un joueur seul, avec ou sans tuteur, mais aussi par un groupe ou en famille.

Dans le cadre scolaire, il peut être à disposition des élèves dans le CDI ou en fond de classe.
Il faut distinguer deux types d'utilisation pédagogique du cédérom.

Le premier type d'utilisation place le cédérom au cœur d'un projet de classe pour un temps déterminé (de 6 semaines à un trimestre).

Ce projet, forcément interdisciplinaire, prend appui sur le programme d'éducation civique et le programme de français du collège, notamment dans le champ de l'apprentissage de la citoyenneté et du fonctionnement de la justice d'une part et, d'autre part, de l'expression écrite et de la lecture, principalement autour du texte argumentatif et de ce que les auteurs nomment le texte interrogatif.
L'avancée dans l'aventure est l'occasion d'une confrontation d'arguments entre les "équipes d'avocats " des différents accusés, de débats sur les rôles des métiers de la justice et, sur les peines prononcées, sur l'utilisation des lois, et la simplification qui en est proposée.
Ce dernier élément peut constituer aussi l'occasion d'une analyse critique du cédérom, notamment en ce qui concerne le compromis entre le ludique et le pédagogique, l'écart du jeu par rapport à la réalité.
En utilisant le forum de discussion sur le site Internet du jeu, l'enseignant élargit l'horizon de la classe en confrontant les idées de ses élèves à celles d'autres classes pour échanger d'autres arguments. Rien n'empêche d'amener le projet jusqu'à l'écriture d'un texte narratif, incluant, sur le modèle biblique, textes de lois et dialogues réalistes, scènes terrifiantes et morales édifiantes. Mieux encore, une représentation théâtrale constituerait un aboutissement spectaculaire à ce projet.

Le deuxième type d'utilisation permet d'exploiter certaines parties du cédérom comme support ponctuel et original à des activités diverses.

Il peut être l'occasion, lors de l'étude du texte narratif, d'établir le rôle joué par chaque personnage dans le schéma actanciel et de faire le récit de l'histoire en changeant le point de vue (le récit vu par chaque personnage, en fonction de ses intentions, de ses actes et de ce qu'il sait, suivant qu'il est coupable ou pas). L'enseignant de français peut poursuivre le récit en faisant inventer une suite au procès.
De même, le caractère des personnages peut être approfondi, etc. L'atelier d'écriture de la plaidoirie peut bien évidemment servir de support à l'apprentissage du texte argumentatif mais l'instruction d'audience peut être utilisée par le professeur d'histoire géographie comme une introduction à un travail d'enquête de terrain et à l'établissement d'un guide d'entretien pour le questionnement de témoins (au sens sociologique et historique du terme).

En éducation civique, le cédérom peut bien évidemment être une aide au programme de 4ème qui fixe comme objectif la connaissance du fonctionnement de la justice en France.

En 3ème, le programme d'éducation civique doit être abordé par l'intermédiaire d'études de cas. S'il est difficile de considérer le jeu lui-même comme une étude de cas, l'apprentissage de ce jeu peut permettre aux élèves de mieux dominer le contexte d'un procès, d'acquérir le vocabulaire juridique de base, de repérer les principaux acteurs, et ainsi de réutiliser ce bagage pour aborder une véritable étude de cas.
Ainsi, le jeu permet à l'enseignant d'aborder sous une forme ludique cet aspect plutôt austère du monde juridique. Le fichier imprimable des textes des réquisitoires concernant chaque accusé peut permettre, par exemple, de comparer les quanta différents pour un même acte. Trouver une explication à l'écart des peines requises, et à son principe, peut être l'occasion d'un riche débat, scientifique (hypothèses, vérification, conclusion) et moral (qu'est-ce qui est jugé ?).
Le jeu peut ainsi être considéré comme une ressource parmi d'autres à la disposition de l'enseignant et de ses élèves. De plus, une utilisation complète du jeu entraîne l'élève à utiliser d'autres sources de documentation ou d'approfondissement du thème.

Les aides pédagogiques de l'Affaire Desdémone

Le joueur, et l'enseignant (ou le tuteur), trouvent tout au long du jeu des aides qui lui permettent de mieux comprendre son fonctionnement, de rechercher les informations juridiques et sémantiques dont il a besoin. Ces aides sont doublement pédagogiques dans la mesure où, en plus d'apporter des informations techniques, elles inscrivent l'activité de lecture dans une quête dont la finalité est un texte à produire.

- Tout au long du jeu, une aide générale est fournie concernant les acteurs, les fonctions et le fonctionnement de la justice.
- Un glossaire permet au joueur " d'éclaircir sa lanterne ", voire de choisir la bonne question à poser.
- Une aide particulière contextualisée est fournie sur les actes de l'avocat : elle s'incarne dans le personnage du bâtonnier, que l'avocat consulte au début du jeu, pour l'explication des règles.

A partir de l'instruction d'audience, le joueur a à sa disposition, chaque fois qu'il veut interroger un accusé ou un témoin, un écran de dialogue qui le guide et le contraint dans son questionnement. L'architecture de son questionnaire renvoie à une démarche que l'enseignant peut, par ailleurs, travailler avec les élèves (voir le texte interrogatif).

Enfin, l'écriture de la plaidoirie est la partie la plus structurée du point de vue pédagogique : l'élève peut y avoir accès directement pour s'entraîner à l'écriture du texte argumentatif en général, ou pour préparer l'écriture particulière d'une plaidoirie. Dans ce cas, un client et un coupable sont désignés de manière aléatoire et indiqués dès le début de l'atelier. Le fonctionment de l'atelier est le même que dans l'aventure, mis à part le fait que l'élève a à sa disposition tous les indices du jeu, "le dossier d'instruction", et non pas seulement ceux qu'il a récoltés pour son propre dossier. Certains de ces indices sont d'ailleurs contradictoires (cela arrive...). A lui d'utiliser de manière la plus logique et conforme à son orientation, les indices adéquats.

Une notation est proposée en fin d'atelier sous forme de commentaires puis de notes.

- Une note en Français qui tient compte du respect de la structure du texte argumentatif (orientation, conclusion, connecteurs...)
- Une note en Droit qui tient compte de la cohérence des arguments à charge et à décharge en fonction du client et du coupable et du cadre légal.
Dans cette partie " atelier ", plusieurs aides sont mises à la disposition du joueur. Notamment une aide juridique personnalisée qui étudie le cas de chacun des accusés. Cette aide est d'autant plus utile dans le cas d'un accès direct à l'atelier.

- des exemples de plaidoiries simplifiées.
- des schémas de textes argumentatifs, en particulier des textes argumentatifs concessionnels
(qui admetent le point de vue de l'adversaire).


Schéma argumentatif minimal

Donnée Loi de passage Conclusion
Aucune preuve de culpabilité présomption d'innocence acquittement

Schéma argumentatif minimal avec concession :

Donnée Loi de passage Concession Conclusion
Aucune preuve probante présomption pas d'autres coupables non-lieu


- des extraits de lois (simplifiés) que le joueur doit choisir en fonction des éléments de sa défense (Quelle prescription s'applique au cas de son client ? Qui est responsable d'une meurtrière de 15 ans ?).
- Tous les indices amassés au long de l'instruction, sous forme d'icônes (objets photographiés), d'inscriptions (documents écrits) ou de citations (réponses à l'interrogatoire), peuvent être inclus dans la plaidoirie.
- Une grille de relecture est proposée qui énonce les principaux critères du texte argumentatif (sur le modèle du cédérom "la cité des echos".) Elle sert en même temps, en autres critères, de grille d'évaluation pour le joueur.

Après l'énoncé de la peine, le joueur, ou l'enseignant, peut avoir accès au bilan de son enquête et, à l'évaluation de sa plaidoirie. L'intérêt du cédérom est de pouvoir recommencer plusieurs fois, en étant dans la même aventure, mais dans des scénarios différents. On peut ainsi accumuler des connaissances juridiques, linguistiques et logiques, tout en devant s'adapter à une autre configuration de jeu (client différent si le joueur le désire, coupable différent, certains indices clés différents, et arborescence des questions à découvrir).

Le texte interrogatif

Apprentissage interdisciplinaire (français, éducation civique, histoire-géo)

Un nouveau type d'écrit abordé au collège : l'écrit interrogatif, le guide d'enquête.

Ce travail s'inspire du travail d'enquête des chercheurs en sciences sociales (sociologues, anthropologues, ethnologues…). Il requiert des qualités d'anticipation et de projection (quel genre de réponses risque-t-on d'obtenir, quel est l'objectif à atteindre ?).
Il peut s'appuyer sur certaines parties du cédérom (les questions posées par l'avocat durant l'instruction et l'instruction d'audience). L'architecture du questionnement dans " L'Affaire Desdémone " est une préparation à ce type de travail. Les thèmes et les sous-thèmes y sont déjà proposés, permettant d'orienter le questionnement du joueur. L'ordre pertinent des questions (celui permettant d'aboutir aux informations recherchées), et leur juste formulation, amènent progressivement l'enfant à comprendre les critères qui permettent de mettre en place un bon interrogatoire.
C'est peut-être aussi l'occasion de préparer aux métiers d'avocat et d'enquêteur, ou, à tout le moins, de susciter des vocations ...

L'enquête qualitative : l'entretien semi-directif

Dans le domaine des sciences humaines, le témoignage par entretien est la contrepartie nécessaire à une enquête quantitative (questionnaires, statistiques). Il permet d'illustrer des résultats chiffrés, de les rendre vivants ou de les nuancer. Il peut s'agir d'un exemple, d'un contre-exemple, d'un cas particulier.

1) 3 types d'entretiens possibles :

les entretiens directifs, dont les questions demandent des réponses très concises, fermées. Ce sont des entretiens de type quasi-questionnaire (pour sujet de société : les familles et la télé, les familles et l'habitat, le sommeil, les habitudes alimentaires etc.).
les entretiens ouverts, où une question générale laisse libre court au récit de la personne interrogée. Entretiens particulièrement bien adaptés au récit de vie.
Entre les deux, les entretiens semi-directifs, où les réponses aux questions sont plus libres, plus développées.
L'entretien semi-directif est le plus couramment utilisé en sciences sociales.
2) La préparation d'un entretien : le guide d'entretien

Sa préparation dépend évidemment de la nature de l'entretien. Dans le cas de l'entretien non directif, il suffit d'une question générale et ouverte pour amorcer la discussion. Dans les autres cas, un guide d'entretien s'impose.

Le guide d'entretien :

Le guide d'entretien prévoit les deux ou trois grands thèmes à aborder lors de l'entrevue, et leurs sous-thèmes éventuels. Il prévoit leur ordre d'apparition et pour chacun des grands thèmes une question ouverte introductive. Au début les questions sont plutôt générales, et recquièrent une assez longue explication. Ensuite les questions se font plus précises. C'est le "modèle de l'entonnoir" avec une question générale au départ, pour finir avec un ou des questions fermées portant sur des points bien précis (par l'exemple, les caractéristiques sociales de la personne interrogée : âge, profession, nombre d'enfants, lieu résidentiel ...).
Le guide d'entretien permet une meilleure maîtrise de l'entrevue. Par cette préparation en amont, l'élève-enquêteur signifie à son informateur qu'il ne s'agit pas seulement d'une simple "discussion libre", mais qu'il en a un certain contrôle.
Si l'élève doit avoir écrit son guide d'entretien et l'avoir à portée de main le jour de l'entretien, il est préférable qu'il soit mémorisé par lui pour respecter au mieux la liberté d'expression de la personne interrogée. Il est ainsi possible que le troisième grand thème prévu dans le guide passe en deuxième position au cours de l'entretien. C'est cette souplesse qui distingue l'entretien du questionnaire. C'est aussi tout l'art et la difficulté de l'entretien semi-directif, qui donne à un travail maîtrisé et préparé l'impression de la spontanéité.

3) Quelques principes d'usage :

La première question Ne pas démarrer sur des questions fermées (âge, profession, nombre d'enfants...) qui risquent de donner un "ton mitraillette" à la discussion. Réserver ces questions pour la fin de l'entretien. Au contraire commencer par une question générale : "Que pensez-vous de ...."-
Varier les questions :
L'enquêteur devra varier le genre de question qu'il pose à son informateur. Il passera par exemple tout au long de l'entretien d'une question de fait, descriptive (la pratique réelle de la personne interrogée, son expérience) à une question d'opinion.
La répétition d'une question est permise dans l'entretien :
si l'élève-enquêteur a le sentiment qu'un thème a été moins bien développé ou mal interprété par la personne interrogée, il lui est possible de revenir à nouveau sur ce thème au cours de l'entretien.
4 ) L'analyse de contenu :

Deux productions sont possibles :

1- le portrait-type demande de prendre en considération l'ensemble des réponses d'un individu pris pour modèle ;
soit
2- l'analyse thématique de contenu l'analyse de contenu thématique repère les thèmes communs et transversaux à l'ensemble des entretiens recueillis.

Un exemple d'exercice où l'analyse thématique de contenu est menée par l'ensemble de la classe :

la consigne est que chaque élève de la classe doit élaborer le même guide d'entretien. Chaque élève doit ensuite rapporter en classe un court entretien enregistré et retranscrit. L'étape de l'analyse de contenu peut consister à écrire en classe, sur 2, 3, grandes feuilles les 2, 3 grands thèmes principaux du guide d'entretien. Chaque élève-enquêteur découpe la réponse du thème abordé et la reporte sur une des grandes feuilles thématiques. Ensuite, par sous-groupes, les élèves classent les types de réponses données par thèmes et sous-thèmes, et en font ensuite une synthèse écrite, puis orale, pour l'ensemble de la classe.

Entretien :

Préférer des questions courtes
La relance quand l'enquêté est peu prolixe :
Répéter la dernière phrase de l'enquêté sous forme interrogatoire.
Relancer les propos de l'enquêté en répondant "oui(...)" suivi d'un silence.
faire un court résumé de la communication orale juste après l'entretien, en notant aussi le lieu et sa durée. Reprendre ensuite de manière moins précipitée les notes prises au cours de l'entretien et les synthétiser.
L'entretien peut être retranscrit mot à mot dans sa totalité s'il a été enregistré avec accord du participant.

Domaines disciplinaires du cédérom Haut de la page

Le cédérom possède au moins trois intérêts pédagogiques distincts qui correspondent à la fois au programme du collège et au bagage nécessaire à tout citoyen adulte. Il s'agit d'une initiation à l'exercice de la citoyenneté et de la responsabilité dans le cadre ultime du règlement démocratique des conflits entre les individus et la société : le procès. Il s'agit aussi d'un apprentissage d'une compétence de français spécifique du collège, mais étudiée dès le primaire : le texte argumentatif. Enfin, le cédérom contient l'ensemble des textes de référence du programme d'éducation civique du collège et sert d'outil pour les enseignants et les collégiens comme de bibliothèque pour les parents.

1) Education civique

Ce projet s'insère dans les finalités des programmes d'éducation civique du collège, de la 6e à la 3e.
Ses finalités sont :

l'éducation aux droits de l'homme et à la citoyenneté, par l'acquisition de principes et de valeurs qui fondent et organisent la démocratie et la République, par la connaissance des institutions et des lois, par la compréhension des règles de la vie sociale et politique
l'éducation au sens des responsabilités individuelles et collectives
l'éducation au jugement, notamment par l'exercice de l'esprit critique et par la pratique de l'argumentation.
L'éducation civique forme le citoyen dans la République française et dans le cadre européen. Il est
également important d'associer les parents et la famille aux objectifs civiques qui dépassent le seul
cadre scolaire.

Les notions fondamentales qui président aux programmes d'éducation civique sont approfondies au cours des quatre niveaux du collège. Cet apprentissage progressif permet à l'élève de mieux s'approprier les connaissances, les valeurs et les principes qui fondent l'apprentissage progressif de la citoyenneté.

Le but de ce cédérom est de participer à cet apprentissage.

Le joueur est ainsi confronté à l'analyse d'une situation juridique et à ses enjeux ; c'est en mobilisant et en utilisant ses connaissances qu'il peut faire progresser la situation. Cela lui demande de gérer les méthodes d'enquête, de recherche et de sélection de l'information, d'exercer son esprit critique et ses qualités d'argumentation. La situation ainsi présentée demande au joueur de manipuler des concepts dans la situation de jeu.

Quelles sont les différentes notions étudiées au collège et mobilisées dans la situation présentée ?

Au niveau 6e :

notion d'identité : décliner son identité, les éléments qui composent cette identité (nom, prénom, date de naissance, nationalité) ; les supports de l'identité (CNI, passeport, carte de séjour…)
notion de citoyenneté : l'exercice des droits politiques (être électeur, éligible, contribuable, respect de la loi, consentement à l'impôt, défense du pays)
notion d'égalité
notion de justice.
Au niveau 5e :

notion d'égalité
notion de solidarité
Au niveau 4e :

notion de justice :
place du droit dans la vie sociale, principes sur lesquels repose la justice (respect de la dignité et du droit des individus), connaissance des institutions où l'on peut débattre ; prise en compte des écarts entre les valeurs et la réalité (rôle des citoyens, des associations et des organisations non gouvernementales) ; rapport qu'entretiennent les citoyens avec la loi ; égalité devant la loi (refus de la discrimination , dignité de la personne) ; les libertés individuelles et collectives ; les droits de nature différente ; les principes de la justice (droit à un procès équitable devant un tribunal indépendant et impartial, débat contradictoire, présomption d'innocence, droits de la défense, non-rétroactivité des lois pénales…

Au niveau 3e :

notion de citoyenneté :
approfondissement de cette notion avec notamment l'utilisation accrue du débat ; compréhension du rôle de l'opinion publique ; thème de l'égalité des hommes et des femmes ; réflexion sur le rôle de l'Etat… A ce niveau les liens avec le programme d'histoire sont importants (la démocratie en danger dans l'entre deux guerres ; la France de la Ve République).

2. Français

Le texte argumentatif vise à agir, pour les modifier, sur l'opinion ou le comportement de la personne ou du groupe auquel on s'adresse. Cela recouvre un important champ de textes, dans des proportions et sous des formes très variables. Il s'agit ici, en l'occurrence, de convaincre les jurés de l'innocence - ou, à tout le moins, du faible degré de responsabilité - d'un individu accusé de meurtre.

Le joueur a à sa disposition un guide pour bâtir son texte, dans une démarche constructiviste qui lui permettra d'acquérir par étapes l'ensemble des compétences nécessaires à l'écriture de sa plaidoirie. Il devra ainsi dégager l'orientation générale de son texte, le but qu'il s'est choisi - en l'occurrence soit l'innocence et donc l'acquittement, soit la culpabilité ou la complicité avec des circonstances atténuantes - ce qui doit correspondre aux éléments qu'il a en sa possession. Un joueur qui déciderait de plaider non-coupable malgré des preuves manifestes de culpabilité s'exposerait forcément à un échec.
Le joueur devra aussi décider d'une stratégie. Si la culpabilité de son client est flagrante, il pourra tenter par exemple de démontrer l'illégalité de la production de preuves… Il devra évidemment mobiliser et organiser les indices du jeu et les textes de lois qu'il utilise comme arguments et qui avancent vers une conclusion. Le texte doit passer d'un état initial (ce que l'on sait de l'histoire) à un état final (l'histoire telle qu'elle est présentée par la plaidoirie) avec des transformations claires.
Une des difficultés du texte argumentatif est la nécessaire décentration qu'il implique : le locuteur doit pouvoir se mettre à la place de son destinataire pour anticiper ses arguments a contrario.
Le joueur doit être capable de produire un petit texte à l'orientation et à la stratégie contraires à celles envisagées, qu'il peut d'ailleurs inclure en partie dans son texte.
En même temps, il s'agit d'un texte dialogique, marqué par une forte présence du locuteur - surtout chez les avocats -, c'est-à-dire une personne qui doit porter un jugement en son nom et interpeller clairement ses destinataires. L'interrogation, l'injonction, l'exclamation, l'emploi de la première personne, sont les indices linguistiques d'un tel discours.
Pour l'aider dans sa rédaction, le joueur dispose de modèles de plaidoiries et de leur analyse qui lui permettent de bâtir son propre texte.
Il a aussi à sa disposition une liste de connecteurs, classés selon leur fonction : connecteurs d'arguments - thétique ou antithétique, à décharge ou à charge - ou connecteurs de conclusion.
Enfin, avant de rendre sa copie, le joueur-avocat devra consulter une grille de relecture qui lui rappelle tous les éléments essentiels d’une plaidoirie, et dont il devra tenir compte s’il veut avoir une chance supplémentaire de convaincre le jury d’assises.

Textes de référence du programme d'éducation civique au collège

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789
Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948
Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales de 1950
Convention internationale des droits de l'enfant de 1989
Constitution de la Ve République de 1958
Préambule de la constitution de 1946
Lettre de Jules Ferry aux instituteurs de 1883
Extrait du code civil sur le nom et la nationalité
Convention internationale concernant la protection du patrimoine mondial culturel et
naturel de 1972 (UNESCO)
Loi sur la protection des monuments et des objets classés de 1913
Loi sur la séparation des églises et de l'Etat
Loi sur la nationalité de 1998
Traité sur l'Union européenne de 1992
Lois sur la décentralisation de 1982 et 1983
Loi sur la liberté de la presse de 1881
Loi sur la bioéthique de 1994
Loi sur la recherche sur la gestion des déchets radioactifs de 1991
Charte des Nations Unies de 1945
Traité de l'Union européenne de 1962


 

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